Mon voyage en Chine, partie 2 : la beauté de l’Anhui et de la Grande Muraille

Alors que j’avais enfin trouvé un coin pour me rouler en boule et laisser ma tête reposer quelque part, fut-ce un accoudoir dur qui finissait par me faire un bleu sous les cheveux, au niveau du point d’appui, les ténèbres au-dehors commençaient à se dissiper, et si mes paupières étaient closes, certes, mon corps veillait et sentait le réchauffement du jour, la brume blanche qui baignait l’aurore, faisait sa ronde dans les champs au-dessus des cours d’eaux qui servaient à tremper les champs de thés, à chatouiller les arbres, même le train roulait avec un peu plus d’apaisement que ce qu’il avait fait toute la nuit, de nous torturer, nous tous les passagers du wagon-sièges, sous la double rangée de néons allumés, avec les trois contrôleurs qui hurlaient lorsque le train butait dans une gare, sèchement, pour nous secouer et nous faire tomber de nos sièges en angle droit comme des petits singes d’un cocotier.

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Mon voyage en Chine, 1ère partie

Mode d’emploi : 1. Je vous conseille vivement de lancer l’audioguide ci-dessous pour mieux profiter des photos. 2. Cliquez sur la première image puis faites défiler. Merci et bon spectacle.

Biographie de Jean-Louis Debré, ancien président du Conseil constitutionnel

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Jean-Louis Debré dans son ancien bureau au Conseil constitutionnel.

Les éditions du Moment ont publié une biographie de Jean-Louis Debré le 9 octobre 2014, un an et demi avant qu’il quitte le Conseil constitutionnel. Un choix moyennement payant quoique visionnaire : aujourd’hui, tout le monde semble apprécier le dernier des vieux grognards gaullistes, il fait même le sel de la matinale de Patrick Cohen sur France Inter. On l’aperçoit débattant là sur la pétition contre la loi Travail face à Caroline de Haas, tempêtant ici contre les lois devenues trop bavardes, sermonnant Laurent Fabius, son successeur, confiant à qui veut l’entendre qu’il publiera bientôt tout ce qu’il n’a pas pu dire, tout en suppliant que l’on ne lui parle plus de politique, récupérant en douce la présidence des archives, écrivant main dans la main avec un SDF, Jean-Marie Roughol, bref, Jean-Louis Debré est partout.

Dans cette formidable biographie politique écrite comme un roman et baptisée « Jean-Louis Debré : Sous-estimez-moi », on apprend à connaître de plus près cet animal politique qui vécut la majeure partie de sa vie sous les ors de la République, au cœur des intrigues des droites successives ; et qui s’est, il faut le dire, étrangement accommodé du monde moderne; ou plutôt disons qu’avec lui le temps a été relativement clément, que dans sa prime jeunesse Jean-Louis Debré était moins considéré qu’aujourd’hui (litote).

Nous découvrons ainsi le parcours d’un homme plus subtil et torturé qu’il n’y paraît, élevé dans l’ombre de son jumeau, le corrosif Bernard Debré. On attribua longtemps la carrière du député de l’Eure, secrétaire général du RPR, président de l’Assemblée nationale, président du Conseil constitutionnel…, à sa fidélité inconditionnelle à Jacques Chirac. Pendant les périodes difficiles, le timide JLD consigna pudiquement ses état d’âmes dans des romans policiers, également inspirés de sa vie passée de magistrat.

« J’ai eu la chance de passer de longues heures à m’entretenir avec Jean-Louis Debré, dans son magnifique bureau du Conseil constitutionnel. Il en a fallu du temps, avant de le désarmer, de le mettre en confiance, de le faire s’abandonner à la confidence… », explique l’auteure, une journaliste de 31 ans à qui l’on doit déjà « Nous, les enfants de 1984 » (25 000 ex. vendus). « Enfin, parfois, lorsqu’il cesse de faire de l’humour, ou de l’invective à la Michel Debré, ou de rabâcher pour la énième fois le même discours ; que le soleil se couche, que le silence domine le Conseil déserté, et qu’une question est en suspens ; je me tais mais je concentre toutes mes forces sur lui, cessant de respirer, pour le presser à se confier sans rompre le charme ; alors une vague d’émotion le submerge, et voici quelques phrases, pensées, qui s’échappent confusément de son personnage bourru… Qu’il faut saisir. Car bientôt le silence se fait à nouveau, puis il est fatigué, et il faut que je prenne congé. »

Debré évoque ainsi sa famille, restituant avec gourmandise l’histoire de la pensée politique depuis la fin du 18ème siècle, et des mouvements dans lesquels se sont épanouis ses aïeux, un maillage exceptionnel de personnalités du monde de la médecine (le célèbre pédiatre Robert Debré), de la politique (Michel, Jean-Louis, Bernard) mais aussi de l’architecture (Charles Lemaresquier) de la peinture (Olivier Debré, Edouard Debat-Ponsant) et du journalisme (François Debré).

Avec autant de passion, il raconte « son » Chirac, une amitié qui commence sous le règne d’un VGE exaspérant (mais drôle), sur les ruines fumantes du gaullisme historique ; qui sort renforcée de la campagne présidentielle de 1994 contre Edouard Balladur (et dans l’ombre celui dont il annulera les comptes de campagne, Nicolas Sarkozy) ; qui perdure encore malgré la maladie, au gré de visites qui ont remplacé les promenades dans Paris, du côté de la Rhumerie, où un jour Jean-Louis tenta de faire boire un jus detox à l’ancien président dont on connaît le penchant pour la bière et la tête de veau.

Bref, voici un livre formidable et très vivant. De plus, l’avant-propos est, de mon point de vue, assez savoureux… je n’en dirai pas plus ! A vous de le découvrir.

L’auteure.

Rêves (3)

  • 1) Préambule rapide sous forme de citation : « composer un livre, seul moyen de parler de soi sans assister à l’ennui des autres » (Philippe Sollers).
  • 2) J’ai l’objectif de réaliser une cartographie des lieux que je visite en rêve. Les mêmes reviennent souvent.
oliver twist
Oliver Twist chez M. Brownlow (illustré par George Cruikshank, 1792-1878).

Je fais toujours ce rêve où je suis dans un appartement sombre, aux planches de bois humides et moussues qui couvrent le sol, les lambris sur les côtés, et le plafond. Il semble grand parce que ses pièces sont presque nues. Une chaise, une table de cuisine carrée et moche. Le sol s’effiloche comme du coton sous l’effet de l’humidité, des échardes se dressent pour accrocher vos pieds délicats. Lire la Suite

Presse autour de « Jean-Louis Debré, Sous-estimez-moi »

En dédicace le 7 février 2015 à l’Assemblée nationale, à l’occasion de la journée du Livre politique.
Plus d’informations ici.

Télévision

Le livre est présenté à la fin du magazine Sénat Info du 23 octobre 2014, sur France 3 (à 9’30) http://www.youtube.com/watch?v=NTu5NyRjfdw

La Nouvelle Edition du 15 octobre 2014, présentée par Ali Baddou, sur CANAL +

Entre nous, émission animée par Olivier Mauraisin et Dominique C. Vallière, diffusée sur Dailymotion / LMTV Sarthe 

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